Avec près d’un million d’annonces disponibles sur Airbnb en France en 2025, la location saisonnière s’est imposée comme une pratique courante, mais pas sans risques. Entre obligations légales renforcées par la loi Le Meur de novembre 2024 et couvertures parfois mal comprises, beaucoup de propriétaires et de vacanciers avancent sans filet. Voici ce qu’il faut savoir avant de signer un contrat de location.
Ce que la loi impose vraiment
Contrairement à une idée répandue, aucune assurance n’est légalement obligatoire pour une location saisonnière en dehors de la copropriété. Pour les biens situés en immeuble collectif, la loi ALUR impose au propriétaire de souscrire au minimum une responsabilité civile, qu’il occupe ou non le logement. La loi Le Meur (n° 2024-1039 du 19 novembre 2024) est venue renforcer ce cadre : obligation d’enregistrement étendue, fourniture d’un diagnostic de performance énergétique, et possibilité pour les copropriétés d’interdire purement et simplement la location meublée de courte durée. En cas de non-respect des obligations déclaratives ou de durée, l’amende peut atteindre 15 000 euros.
Du côté du locataire, aucune obligation légale n’existe non plus. Mais le propriétaire peut exiger contractuellement une attestation d’assurance avant la remise des clés, et le locataire reste présumé responsable de tout sinistre survenu pendant son séjour, qu’il soit assuré ou non.
Les couvertures disponibles pour protéger son bien
Pour le propriétaire, la solution de référence reste l’assurance PNO (Propriétaire Non Occupant). Elle intervient quand le logement est vacant entre deux séjours, en cas de sinistre dont le propriétaire est responsable, ou si la couverture du locataire s’avère insuffisante. Elle peut inclure dommages aux biens, responsabilité civile, vandalisme, perte de loyers et protection juridique. En 2026, les tarifs oscillent entre 90 et 350 euros par an pour un logement meublé, une hausse d’environ 8 % par rapport à l’année précédente, liée notamment à l’augmentation de la surprime catastrophes naturelles. La prime est intégralement déductible des revenus fonciers au régime réel.
Deux autres formules méritent attention. L’assurance « pour le compte de qui il appartiendra » permet au propriétaire de couvrir directement ses locataires successifs, sans que chacun ait à souscrire une assurance individuelle. La clause « abandon de recours », elle, couvre les dommages causés par le locataire au logement, mais limite les actions judiciaires ultérieures : à peser selon le profil de clientèle visé.
Pour les vacanciers, la garantie villégiature est souvent intégrée sans surcoût aux contrats multirisques habitation classiques. Elle couvre la responsabilité civile du locataire pour incendie, dégât des eaux, bris de glace ou dommages mobiliers. Pour bien comprendre le fonctionnement de cette assurance habitation adaptée à la location saisonnière, il est utile de vérifier les conditions générales de son contrat avant de partir, notamment les limites territoriales et la durée de couverture.
Les pièges à éviter
Un contrat d’assurance habitation classique ne couvre pas automatiquement l’activité de location saisonnière. Si l’activité n’est pas déclarée à l’assureur, des exclusions peuvent s’appliquer en cas de sinistre. Les garanties proposées par les plateformes comme Airbnb ou Abritel offrent une première protection, mais leurs plafonds et exclusions, combinés à des procédures d’indemnisation parfois lourdes, en font un substitut insuffisant à une vraie assurance. Un dégât des eaux peut rapidement représenter plusieurs milliers d’euros de travaux, et l’absence de couverture claire expose autant le propriétaire que le locataire à un litige long et coûteux.
La professionnalisation du secteur, accélérée par les réformes récentes, impose de traiter l’assurance d’une location saisonnière avec le même sérieux qu’une location classique. Vérifier son contrat, déclarer l’activité et adapter les garanties restent les réflexes les plus utiles, avant même de publier la première annonce.

