Acheter sa première maison mobilise l’attention sur le prix, le crédit, les travaux… et souvent reporte à plus tard la question de l’assurance. Pourtant, cette dépense récurrente mérite d’être anticipée bien avant la signature, d’autant que les primes ont grimpé d’environ 30 % entre 2023 et 2026. Voici ce que tout primo-accédant devrait savoir avant d’en arriver là.
Obligatoire ou non : une nuance que beaucoup ignorent
Contrairement au locataire, le propriétaire occupant d’une maison individuelle n’est pas légalement tenu de souscrire une assurance habitation. Mais dans la pratique, la banque l’exige systématiquement comme condition d’octroi du crédit : pas de contrat, pas de prêt. La nuance est importante, car elle change la façon d’aborder la chose : il ne s’agit pas de cocher une case administrative, mais de négocier une couverture adaptée à son bien.
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En copropriété, la loi ALUR impose quant à elle au moins une assurance responsabilité civile, quelle que soit la situation du copropriétaire. Et si le bien acheté a moins de dix ans, le primo-accédant bénéficie aussi de la garantie décennale du constructeur et, le cas échéant, de l’assurance dommages-ouvrage, obligatoire pour le maître d’ouvrage et permettant une indemnisation rapide sans attendre un éventuel recours.
Dans tous les cas, les diagnostics immobiliers obligatoires réalisés avant l’achat (DPE, termites, électricité, humidité…) fournissent des informations directement utiles pour choisir les bonnes garanties et anticiper ce que l’assureur pourrait exclure ou majorer.
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Des primes en forte hausse : comprendre pourquoi
Entre 2023 et 2026, les primes d’assurance habitation ont augmenté d’environ 30 % au total, avec +11 % rien qu’en 2025, puis +4 à +8 % supplémentaires en 2026 selon les profils. Pour une maison de plus de 110 m², la prime moyenne atteignait 403 €/an au printemps 2026, selon le Baromètre Comparateur Assurance.
Plusieurs facteurs expliquent cette hausse structurelle. Les sinistres climatiques coûtaient environ 1,5 milliard d’euros par an aux assureurs français dans les années 1980 ; ce chiffre dépasse désormais 6 milliards par an depuis 2020. À cela s’ajoute la réforme de la surprime « Catastrophes naturelles » entrée en vigueur le 1er janvier 2025 : le taux est passé de 12 % à 20 % de la prime de base, ce qui représente en moyenne une majoration de 17 €/an par contrat. Enfin, l’inflation dans le bâtiment (+3 %/an environ depuis dix ans) pousse les assureurs à revaloriser automatiquement les capitaux assurés.
Pour les biens situés en zones inondables ou exposées à la sécheresse, la hausse peut atteindre +15 %. Un élément à vérifier impérativement avant d’acheter.
Comparer, ajuster, ne pas rester captif
Face à cette inflation des primes, quelques réflexes permettent de maîtriser la facture. Relire les garanties pour éliminer les doublons (certaines couvertures sont déjà incluses dans une carte bancaire ou une garantie constructeur), ajuster la franchise selon sa capacité à absorber un petit sinistre, et surtout comparer les offres en regardant les exclusions et plafonds, pas uniquement le tarif affiché.
Bonne nouvelle pour les primo-accédants : la loi Hamon permet de changer d’assureur à tout moment après la première année, sans frais ni pénalités. En cas de déménagement, la résiliation est même possible immédiatement, sans attendre l’échéance annuelle. Le nouvel assureur se charge généralement des formalités.
Anticiper l’assurance habitation dès la phase de recherche du bien, et non en dernière minute avant la remise des clés, reste la meilleure façon d’éviter les mauvaises surprises, financières comme contractuelles.

