Changer de CDI : est-il possible de démissionner pour un autre poste ?

Signer la fin d’un CDI pour se lancer dans un CDD, voilà un choix qui, sur le papier, ne fait pas rêver. Pourtant, pour de nombreux salariés, ce saut calculé ouvre la porte à l’indemnisation chômage et desserre la contrainte financière le temps de bâtir un nouveau projet professionnel. Il reste à éviter les pièges, sous peine de se retrouver dans une impasse. Voici de quoi avancer sans faux pas.

Pourquoi quitter un CDI pour un CDD ?

Troquer un contrat à durée indéterminée pour un contrat à durée déterminée. À première vue, l’idée paraît saugrenue : qui irait vraiment troquer un emploi pérenne contre une situation réputée « instable » ? En réalité, les motivations sont multiples, bien plus terre à terre qu’il n’y paraît.

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La première, et non des moindres, tient à la possibilité d’ouvrir le droit à des allocations chômage. Encore faut-il remplir certaines conditions, que nous détaillerons plus loin. Mais ce n’est pas tout. Parfois, ce nouveau CDD s’inscrit dans un secteur différent, amorçant une reconversion assumée. D’autres y voient un moyen d’accéder à un poste mieux payé, temporairement hors de portée en CDI, le CDD servant alors d’étape ou de « période d’essai » grandeur nature avant, pourquoi pas, une embauche définitive et une progression de salaire.

En clair, il existe bien des chemins pour justifier ce changement : sécuriser sa transition, explorer une nouvelle voie ou tenter sa chance sur un poste mieux rémunéré. Sur Pose ta Dem’, la démarche vise à accompagner celles et ceux qui souhaitent amorcer une transition professionnelle réfléchie, quitte à « fixer leur dem’ » de façon stratégique. Nous allons donc passer au crible les étapes clés pour réussir ce passage d’un CDI à un CDD, sans perdre le bénéfice d’une indemnisation chômage (ARE). À noter, la rupture conventionnelle reste une autre voie possible pour ouvrir des droits auprès de Pôle emploi.

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Premier conseil : choisir soigneusement son CDD

Avant toute décision, prenez le temps de faire le point autour de trois questions fondamentales pour éviter l’écueil d’un mauvais choix.

Première question : Quelle durée viser pour son CDD ?

La fin d’un CDD est considérée comme une perte involontaire d’emploi, ouvrant droit à l’allocation chômage, à la différence d’une démission simple.
Décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019, annexe A, art. 1.

Cependant, certains points doivent retenir votre attention :

  • Seul un CDD d’au moins 65 jours travaillés après la démission permet d’ouvrir des droits à l’indemnisation (décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019, annexe A, art. 4). Pour atteindre ce seuil, mieux vaut viser un contrat d’au moins 4 mois.
  • Il faut également justifier d’une période d’affiliation d’au moins 130 jours sur les 24 derniers mois, soit avoir travaillé 6 mois dans cette période (ou sur 36 mois pour les salariés de 53 ans ou plus à la date de fin de contrat, décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019, annexe A, art. 3).

En résumé : ne partez pas trop vite de votre CDI, sous peine de compromettre vos droits au chômage.

Deuxième question : Dans quel secteur rechercher son CDD ?

Rester dans le même secteur augmente vos chances d’être recruté, l’expérience jouant en votre faveur. Mais ce peut aussi être l’occasion de tester une nouvelle voie, plus alignée avec vos envies. Un exemple concret : vous êtes comptable mais souhaitez devenir développeur web indépendant ? Pourquoi ne pas décrocher un CDD dans ce domaine pour valider votre projet avant de vous lancer ?

Troisième question : Comment décrocher le CDD voulu ? Jouer la carte de la discrétion

Sans prétendre donner des leçons de recrutement, un constat revient souvent : il vaut mieux rester discret sur ses projets futurs lors de l’entretien. Certains employeurs accueillent difficilement l’idée de recruter quelqu’un qui prévoit déjà de voler de ses propres ailes ou de monter sa société. Ce conseil ne s’applique pas partout, bien sûr, chaque entreprise a ses spécificités et ses attentes.

Deuxième conseil : anticiper la gestion du préavis

En démissionnant, le salarié doit respecter un préavis dont la durée varie selon la convention collective et la fonction occupée. Avant de franchir le pas, informez-vous précisément sur les points suivants :

  • Quelle est la durée de votre préavis ? En général, elle oscille entre 1 et 3 mois.
  • La politique de l’entreprise permet-elle d’obtenir une dispense de préavis ?

L’idéal consiste à décrocher une promesse d’embauche en CDD avant de poser sa démission, pour éviter toute période de chômage non couverte.

Que se passe-t-il si votre CDD démarre alors que votre préavis n’est pas terminé ? Deux options se présentent : négocier une dispense de préavis (en expliquant que vous n’avez pas d’autre solution), ou bien rompre le préavis de votre propre chef. Dans ce cas, l’employeur peut réclamer une indemnisation devant le Conseil de prud’hommes. Cela reste rare, et il devra prouver le préjudice subi, ce qui n’est pas évident si vous avez déjà effectué une partie du préavis.

Sachez aussi que de nombreuses conventions collectives accordent au salarié démissionnaire plusieurs heures d’absence pour rechercher un nouvel emploi pendant le préavis.

Troisième conseil : éviter une rupture prématurée du CDD

Une fois le CDD signé, la vigilance reste de mise. Un faux pas suffit à remettre en cause tout le plan. Pour ne pas voir vos efforts réduits à néant, veillez à ne pas rompre le CDD avant terme, au risque de perdre le bénéfice des 65 jours exigés pour ouvrir vos droits au chômage.

Voici deux situations à éviter absolument :

  • Mettre fin à la période d’essai avant l’échéance prévue du CDD.
  • Faire l’objet d’une faute grave, qui pourrait justifier une rupture anticipée du contrat.

Quatrième conseil : organiser la sortie de son CDD

Le terme du CDD approche, et cette étape ouvre la voie à la concrétisation de votre projet professionnel, avec à la clé l’indemnisation de Pôle emploi. Sous certaines conditions, il devient même possible de cumuler le statut d’auto-entrepreneur avec les allocations chômage.

Restez à l’écoute des opportunités. Si vous souhaitez conserver une certaine stabilité, pourquoi ne pas proposer à votre employeur un nouveau contrat à temps partiel ? Cela permet de sécuriser une partie de vos revenus tout en avançant sur votre projet en parallèle. Attention cependant : il ne s’agit pas d’exercer une activité concurrente à celle de votre employeur, la loyauté restant de mise pendant toute la durée du contrat.

Pour récapituler concrètement, voici les grandes étapes à ne pas négliger :

  • Rechercher un CDD suffisamment long pour ouvrir droit au chômage, dans le secteur qui vous motive.
  • Anticiper et organiser votre préavis, en visant si possible une promesse d’embauche avant de quitter votre poste.
  • Donner entière satisfaction à votre nouvel employeur pour éviter toute rupture anticipée avant d’avoir atteint les fameux 65 jours de travail.
  • Une fois le CDD terminé, enclencher les démarches auprès de Pôle emploi pour bénéficier des allocations, et si besoin, associer ce soutien financier à une activité indépendante ou entrepreneuriale.

Changer de CDI pour un CDD, ce n’est pas jouer avec le feu, c’est choisir d’inventer la suite. À chaque étape, le cap compte autant que le chemin. Reste à saisir le bon moment pour oser la bascule, celle qui relance une trajectoire ou ouvre un nouveau chapitre professionnel.

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